Connaissez vous la Corée ?

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ARTLe Dancheong, la magie des couleurs

04/09/2019

Si les palais et églises d'Europe choisissent des matériaux de prix pour marquer leur prestige, les palais et temples les plus prestigieux en Corée se contentent de bois, parfois augmenté d'un socle de pierre. Ils ne cherchent pas à atteindre des hauteurs dé...

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Si les palais et églises d'Europe choisissent des matériaux de prix pour marquer leur prestige, les palais et temples les plus prestigieux en Corée se contentent de bois, parfois augmenté d'un socle de pierre. Ils ne cherchent pas à atteindre des hauteurs démesurées : le roi vit au rez-de-chaussée. Peut-être, dans l'organisation de l'espace traditionnel, ne s'agit-il pas tant d'être au-dessus qu'au milieu du palais, de la ville, du pays (le Milieu du monde étant réservé à la Chine).

Il n'y a donc, pour différencier le profane du sacré, le commun du puissant, que deux éléments : le raffinement des formes architecturales et la couleur. Le raffinement des formes passe par la délicatesse des courbes des toits, par la complexité invraisemblable des charpentes, par l'équilibre des espaces entre cours opaques et bâtiments ouverts — à l'inverse de palais comme Versailles ou le Louvre qui ouvrent leur cour au regard mais masquent l'intérieur des bâtiments.

Et la couleur se déploie dans toute la magnificence du dancheong.

Magnificence du dancheong

Le dancheong, c'est le mode de décoration qui couvre les piliers, les poutres, les panneaux des portes dans tous les palais, temples, pavillons, portes monumentales du pays. Seules certaines institutions particulièrement austères le refusent. On retrouve les couleurs vives et simples du dancheong sur le drapeau national, sur les vêtements traditionnels, dans les arts appliqués : bref, c'est la véritable identité visuelle de la Corée traditionnelle. Montrer du dancheong suffit pour indiquer qu'on parle de la Corée.

Le dancheong est un plaisir pour les yeux. Coloré mais jamais criard, équilibré sans être ennuyeux, il procure à la fois le plaisir de la variété et la satisfaction de la reconnaissance. Comme dans un tableau classique ou un immeuble haussmanien, on se sent à son aise dans cet art, on peut le voir et le revoir sans s'en lasser — on peut aussi ne pas regarder cet arrière-plan de la vie quotidienne si, comme les rois d'autrefois, on habite dans un décor de dancheong.

Comme toute peinture, le dancheong protège le bois de pin des éléments naturels et des insectes. Surtout, il confère dignité et solennité aux bâtiments qu'il orne.

Les couleurs contribuent aussi au dialogue discret qu'entretient l'architecture traditionnelle avec les montagnes et les forêts. Cette caractéristique de l'architecture coréenne est presque inconnue en France, parce que les montagnes y sont trop éloignées des villes pour servir de cadre à l'architecture, et parce que les constructions humaines, lorsqu'elles ne sont pas purement urbaines, sont chez nous inscrites dans une nature que le génie humain, à Vaux-le-Vicomte ou au parc de la Villette, a entièrement reconstruite selon ses propres concepts.

En Corée, la montagne est partout. Les murs qui bordent les cours intérieures peuvent bloquer les regards des passants, mais ils laissent les forêts et les rochers entrer dans le paysage intérieur. Dans les temples de montagne, la courbe des toits, la couleur rouge des piliers, le vert qui domine sur les poutres répondent au tronc et au feuillage des pins qui en constituent non seulement l'écrin, mais aussi la matière première.

Les couleurs du dancheong

Attention, la suite sera de plus en plus technique. Cet article finira même par une définition informatique des couleurs du dancheong.

Le dancheong est un art hautement codifié et se prête donc bien aux descriptions systématiques.

Malgré son nom qui signifie « rouge et bleu », on trouve en théorie cinq couleurs de base : rouge, bleu, jaune, noir et blanc. Ces couleurs sont associées respectivement à l'est, à l'ouest, au sud, au nord et au centre.

En fait, la couleur que l'on remarque le plus, outre le rouge des piliers, c'est le vert. De plus chaque trait de couleur est souvent redoublé d'un liseré pris dans sa nuance plus sombre : bleu clair et bleu outremer, vert émeraude et vert foncé, rosé et rouge écarlate, jaune ocre et marron. La palette est donc assez large.

Les couleurs se multiplient donc lorsqu'on y regarde de près, et pourtant on a bien la sensation, lorsqu'on visite un temple ou un palais coréen, d'identifier immédiatement ces couleurs et de reconnaître le style comme du dancheong. C'est qu'elles ont comme un air de famille entre ces couleurs, une teinte qui les rapproche et les harmonise.

Catégories de dancheong

Le dancheong peut paraître fantaisiste au premier regard, avec son enchevêtrement de motifs végétaux, stylisés et géométriques. Il laisse en réalité assez peu de liberté au peintre qui reprend inlassablement les mêmes motifs et organise l'espace de manière similaire d'une poutre à l'autre :

  • avec le gachil-dancheong (가칠당청), il recouvre le bois de pigments pour le protéger ou servir de fond à des décorations plus élaborées ;
  • avec le geutgi-dancheong (긋기당청), il trace des lignes droites et régulières sur toute la longueur des poutres, souvent un double liseré noir et blanc 
  • avec le moru-dancheong (모루당청), il applique les motifs décoratifs ou meoricho (머리초). On parle aussi de geumdancheong (금단청) lorsque des motifs complexes et colorés envahissent toute la surface, en particulier dans les temples.

Les motifs sont appliqués seulement au bout des poutres dans les bâtiments les plus simples. Dans les palais ou temples les plus prestigieux, ils peuvent envahir la totalité de la surface en bois.

Parfois, on inscrit, dans un espace non couvert par les motifs géométriques, de véritables peintures dites « séparées » ou byeoljihwa(별지화). Le byeoljihwa constitue un véritable monde de symboles qui se rattache à la symbolique bouddhiste : Bouddhas, bodhisattvas, animaux fantastiques, personnages, lotus, pivoines et autres plantes... mais aussi des nuages.

Fragments d'un catalogue de dancheong

La fleur de lotus est omniprésente, toujours représentée de manière stylisée et presque géométrique. C'est l'un des principaux symboles bouddhistes, associé aux notions de renaissance par transformation et de création de l'univers.

On la trouve en particulier dans les buricho (부리초), motifs ornant le bout des poutres, vers l'extérieur du bâtiment. Des chercheurs ont reconstruit géométriquement les buricho du palais de Gyeongbokgung.

Une fleur de lotus plus élaborée orne souvent le bout des poutres au sommet des façades. Elle se prolonge alors par une grenade, symbole de fécondité, au bout de laquelle se trouve encore un point blanc ou minjujeom (민주점). Ce point blanc, sorte de singularité, symbolise l'incommensurabilité, comme si un point englobait l'infini : on le retrouve souvent tout en haut du crâne de Bouddha.

Lorsqu'une poutre est couverte dans son milieu de geutgi-dancheong(vert uniforme bordé d'un liseré noir et blanc), les motifs morudancheongà l'extrémité commencent souvent avec des motifs rayonnants ou en forme de vagues qui évoquent l'illumination répandue au loin par le pouvoir du Bouddha.

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Une partie des piliers ou des poutres est recouvert de motifs géométriques entrelacés (geummun ou 금문). Ils peuvent évoquer un tissu de soie ou comporter d'autres motifs permettant de construire des réseaux réguliers, tels que les roues à aubes.

Les motifs apparaissant au plafond s'appellent banjacho (반자초). Le plafond est souvent divisé en une grille de caissons comportant des décorations ou sculptures symboliques. Dans le pavillon du Grand Bouddha d'un temple, des fleurs de lotus suspendues au-dessus des fidèles évoquent les fleurs qui tombèrent du ciel sur l'assistance lors d'un prêche du Bouddha. Dans le pavillon principal (jeongjeon) d'un palais royal, des dragons jaunes symboliseront le pouvoir absolu du souverain.

Il est aussi fréquent de trouver au plafond un motif qui, paraît-il, correspond à la réunion sous forme très stylisée des caractères 壽 ou 寿 (longue vie) et 福 (bonheur).

Sur les panneaux situés au bas des portes ou en-dessous des fenêtres, on trouve à nouveau la fleur de lotus (yeonhwa) et la pivoine (moran), ainsi que :

- le bosangwha (보상화), fleur imaginaire bouddhiste 

- le guimyeon (귀면), un visage de monstre terrifiant à ne pas confondre avec le dragon, reconnaissable à la grosse perle ou yeouiju (여의주) qu'il tient dans sa gueule. Le guimyeon a pour origine Kirtimukha, un monstre hindou à l'étrange destin. Créé par Shiva pour manger un dangereux démon rebelle, mais se retrouvant affamé lorsque ce démon effrayé abandonne le combat, Kirtimukha ne trouve d'autre exutoire à sa faim que son propre corps, qu'il dévore jusqu'au point où il n'en reste qu'un simple visage, terrifiant avec ses yeux globuleux et ses canines proéminentes. Il sera désormais représenté sur la façade des temples pour faire fuir les mauvais esprits.

Une image très répandue représente un anneau nasal de bovin. Si la chose paraît triviale, c'est en fait une allusion à la recherche d'un taureau et à sa domestication comme métaphore de la méditation et de la découverte de la vérité. Cette histoire symbolique est souvent racontée en peinture, de même que la vie de Bouddha, sur la paroi extérieure des temples.

On distingue également :

- les gaepancho (개판초, motifs apparaissant sous les avant-toits) ;

- les chakgocho (착고초) sous les avant-toits, les judu (주두) et soricho(소로초), dans la partie supérieure des piliers. On y trouve différents types de décorations telles que les fleurs de lotus les bosanghwa.

Compléments

Le dancheong pour tous

Le dancheong est en principe réalisé patiemment au pinceau. Mais la Corée étant un pays moderne, on trouve désormais du « papier Dancheong » dans les boutiques d'articles boutiques d'articles bouddhistes, y compris en ligne.

Il semble que du papier autocollant soit ainsi utilisé dans des petits temples ou sanctuaires.

 

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CULTURELe céladon coréen

13/08/2019

Le céladon est un art de la poterie d'abord né en Chine    Qu’est-ce que le céladon ? Le céladon désigne d’abord une couleur, une sorte de bleu-vert. Cette couleur porte ce nom à cause des rubans du berger Céladon, héro...

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Le céladon est un art de la poterie d'abord né en Chine 

 

Qu’est-ce que le céladon ?

Le céladon désigne d’abord une couleur, une sorte de bleu-vert. Cette couleur porte ce nom à cause des rubans du berger Céladon, héros du roman l’Astrée écrit par Honoré d’Urfé. Le céladon est un enduit que l’on applique pour faire briller et rendre imperméables les œuvres. Cette technique est appréciée en Asie, la couleur verte fait apparemment allusion au jade qui est une pierre précieuse sacrée.

Son procédé de fabrication

La couleur bleu-vert du céladon provient d'une petite quantité d'oxyde de fer à l'état ferreux incluse dans la glaçure (l'émail) au moment de la cuisson en réduction (avec une entrée d'oxygène limitée). Une cuisson oxydante (avec une plus grande arrivée d'air) transforme le fer ferreux en fer ferrique (identique à celui contenu dans la rouille) et donne une couleur brun jaune à la glaçure. Il arrive que pendant le refroidissement, le four se réoxygène, et quelques vases présentent les deux couleurs.

Les potiers de Koryŏ ont aussi utilisé l'incrustation de décor à l'engobe noir ou blanc, déposé dans les incisions faites dans l'argile encore humide, et dont le surplus est essuyé. Cette technique donne un effet proche de la marqueterie. La glaçure rouge est obtenue grâce à un oxyde de cuivre. Pendant la période Chosŏn on vit apparaître une glaçure grise à la cendre.

Les céladons sont généralement monochromes, parfois non décorés, mais le plus souvent ornés de motifs simples et finement mis en relief. La grue, oiseau symbole de longévité et de bonheur est fréquemment représentée sur les céladons coréens.

Son évolution

Les potiers chinois sont les premiers à confectionner des céladons, puis la Corée s’inspire de ce savoir-faire, grâce notamment à l’occupation chinoise durant plusieurs siècles. Les céramiques sont fabriquées artisanalement et le sont encore aujourd’hui. Comme en Occident, elles servent à décorer mais sont également utilisées comme récipients pour la nourriture.

Durant la dynastie Goryeo, cette céramique est très populaire et se distingue de sa cousine chinoise, c’est pour cela qu’on la dit « de Goryeo ». Les Coréens commencent à graver des motifs tels que des chrysanthèmes ou des animaux. Son esthétique est vantée et la Cour Royale l’adopte.

Les principaux lieux de production sont Gaeseong, Icheon et Gangjin. Après l’invasion mongole et l’arrivée de la dynastie Joseon, cette céramique devient moins populaire. Ces œuvres ont néanmoins beaucoup été exportées, ce qui a contribué à la réputation internationale de la dynastie Goryeo.

Le céladon aujourd’hui

Il existe encore des potiers produisant des céladons en Corée. Vous pouvez d’ailleurs en acheter sur les sites web des artisans ou d’intermédiaires. Elles ont toujours la même utilité qu’à leur création.

Plusieurs festivals sont organisés en Corée notamment le Gangjin Celadon Festival (강진청자축제) et le Yeoju Ceramic Festival (여주 도자기축제) qui présentent plusieurs sortes de céramiques.

Ces différents événements sont répertoriés sur le site de l’Office de tourisme coréen.

Plusieurs pièces sont aujourd’hui exposées au Musée National de Corée.

 

Source :koreasowls.fr / Wikipédia

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PATRIMOINELe village Hahoe à Andong, le bijou d'histoire coréen

17/07/2019

Le village de Hahoe se trouve en campagne en périphérie de la ville d’Andong et compte 200 habitants. C’est l’un des derniers villages traditionnels authentiques et non reconstitué avec celui de Yangdong qui se trouve à environ 90km. Dans ce village viv...

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Le village de Hahoe se trouve en campagne en périphérie de la ville d’Andong et compte 200 habitants. C’est l’un des derniers villages traditionnels authentiques et non reconstitué avec celui de Yangdong qui se trouve à environ 90km.

Dans ce village vivent encore les descendants des premiers habitants de Hahoe qui date du XIVe siècle en plein cœur de la période de la dynastie Joseon (1392-1910), qui régna plus de 500 ans sur la péninsule coréenne.

Ils sont emprunts de la culture confucéenne et aristocratique de par leur organisation : Ils comprenaient les résidences des familles dirigeantes, les solides maisons à charpente en bois des autres membres du clan, ainsi que des pavillons, des salles d’étude, des académies confucéennes et des groupes de maisons à un étage à murs en torchis et toit de chaume, anciennement réservées aux roturiers.

Le village est entièrement préservé et à l’abri du business ( boutiques et restaurants) comme d’autres villages de Corée ( Bukchon à Séoul notamment), et souhaite conserver son côté authentique et nature.

Le village est entouré de rizières, de champs et de montagnes, et est traversé par une rivière.

Il est accessible depuis la ville d’Andong, par le bus pour environ 1h de route, et arrivés à l’entrée du village où se trouve également le Mask Museum qui regroupe une collection de masques du monde entier, il faut prendre une navette ou bien marcher 1km jusqu’au village même ! Avant cela n’oubliez pas d’acheter votre ticket d’entrée pour la modique somme de 3000KRW soit environ 2.50€ et passea au guicher d’information pour récupérer une carte du village.

Attention, il n’y a pas de quoi manger dans le village, mais à l’entrée vous trouverez toutes les facilités nécessaires.

C’est parti pour la visite, vous pouvez commencer par contourner le village et rejoindre la rivière pour prendre une petite embarcation qui vous emmènera directement au point de vue le plus haut du village sur les falaises, de quoi apprécier une vue panoramique à couper le souffle !
Une fois redescendus, profitez de déambuler dans les allées sinueuses et étroites du village qui vous mèneront devant différents lieux majeurs du village.

Avant de quitter définitivement le village, achetez un petit souvenir sur les stands tenus par des habitants au détours des chemins.

De retour à la sortie du village, profitez de la visite gratuite du musée des masques afin d’admirer l’art venus des quatre coins du monde.

 

 

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